Historique de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH)

Faut-il rappeler que lors de la guerre qui a opposé le Pouvoir djiboutien aux rebelles du FRUD au début de la décennie 1990, il avait été constaté des violations massives et flagrantes des droits humains et particulièrement dans les zones du conflit . Et même, dans la capitale, les exactions ont eu lieu, ainsi le 18 décembre 1991, quelques soixante personnes ont été massacrées au vu et au su de tout un chacun en bordure de la Cité Arhiba.

En 1994, une dissidence diligentée au sein du FRUD a entamé des négociations de paix avec le pouvoir en place et la seule association de défense des droits humains ADDHL (Association pour la Défense des Droits de l’Homme et des Libertés) a rejoint la dissidence et inféodé l’ADDHL au Régime djiboutien.

Face au vide laissé par la récupération par le régime de la première association des droits de l’homme dénommée ADDHL et de la situation déplorable des droits de l’homme et des libertés fondamentales qui prévalait au pays, des personnalités de divers horizons ont décidés d’unir leurs efforts et de constituer une véritable organisation de défense des droits de l’homme pour combattre par tous les moyens légaux les violations des droits humains et défendre les victimes.

Ainsi, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) fut créée le 04 mai 1999 et a été officialisée le 9 mai 1999 auprès du ministère de l’Intérieur par dépôt de la lettre de Déclaration, du Procès-Verbal de création, et des Statuts de la LDDH.

Mais 15 jours après sa création, le 23 mai 1999, le siège de la LDDH a été la cible d’un attentat à la grenade dont le Président Jean-Paul Noel Abdi et le 1er Vice-président Omar Ali Ewado ont échappé mais ils sont arrêtés sur place et accusés de « tentative de suicide ». Cet attentat n’a jamais été élucidé jusqu’aujourd’hui.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est une ONG de défense des droits de l’homme de droit djiboutien à but non lucratif régie par la Loi du 1er juillet 1901 sur le contrat d’association.

C’est une organisation indépendante et apolitique qui a pour objectifs comme les stipule l’article 2 de son statut :

  • La défense des droits humains sur l’ensemble de l’étendue du territoire de la République de Djibouti ;
  • L’attachement aux idéaux humanitaires comme la liberté, l’égalité, la paix, la démocratie, l’autonomie de l’individu… etc.

Elle a pour mission aussi la promotion de la paix et la prévention des conflits et elle apporte une assistance juridique et sociale aux prisonniers, réfugiés privés de leurs droits et aux victimes des violations des droits civils, politiques, économiques et socio-culturels.

La LDDH est basée sur la démocratie interne et prend ces décisions en toute liberté .

Elle est composée de 2 structures : le Bureau exécutif qui comprend 13 membres et le Conseil National qui comprend 60 membres.

Sa structure financière est basée sur les cotisations de ses membres et ne reçoit aucune subvention.

Ce n’est que le 26 décembre 2001 après 3 ans de protestation et sur intervention de l’ancien Ministre de l’Intérieur, M. Abdoulkader Doualeh, que l’ancien Président de la LDDH Jean-Paul Noel Abdi a pu obtenir le “récépissé” qui a été enfin publié le 31 décembre 2002 dans le Journal officiel de la République mise en vente qu’en février 2003.

dji_Jean-Paul_Noel-Abdi2 Après le décès du feu Jean-Paul Noel Abdi, Président émérite de la LDDH survenu le 13 avril 2012 dans un hôpital de Marseille en France, l’ancien 1er Vice-président et membre fondateur de la LDDH, Omar Ali Ewado a pris la relève du noble combat après son élection le 20 juin 2012 lors de l’Assemblée Générale conformément aux statuts de la LDDH et a déposé la lettre de renouvellement de la nouvelle liste du comité exécutif de la LDDH à la Direction de l’Administration Générale et de la Réglementation, organe rattaché au Ministère de l’Intérieur.

Le parcours de la LDDH au cours de ses 16 ans d’existence fut semé d’obstacles, d’obstructions , de dissolution et de combat parfois périlleux où les Défenseurs des Droits de l’Homme sont dans le collimateur de la dictature djiboutienne. Pour exemple, la LDDH a été privée du renouvellement de son récépissé et ce en violation flagrante des dispositions de la Loi du 1er juillet 1901 sur le contrat d’association qui prévoit la délivrance de récépissé dans les 5 jours suivants le dépôt de la déclaration d’association.

Elle a enfin obtenu le renouvellement de son récépissé le 25 février 2015 après 3 ans d’obstruction inutile de la part des autorités compétentes. Puis il a été publié le 28 février 2015 sur le Journal officiel de la République de Djibouti mis en vente le mois de mars 2015.

Malgré tout cela, la LDDH s’est affirmée et consolidée et œuvre inlassablement pour la protection et la promotion des Droits humains en République de Djibouti.

Faut savoir aussi que la LDDH est membre affiliée à la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme), membre affiliée au Réseau de East and Horn of Africa et à l’UIDH (Union Interafricaine des Droits de l’Homme). Elle possède aussi le Statut d’Observateur auprès de la Commission Africaine des Droits de l’Domme et des Peuples (CADHP) approuvé lors de la 27ème session ordinaire de la CADHP en avril-mai 2000. Elle est également membre correspondant d’Amnesty International, d’Human Rights Watch, de Front Line et tant d’autres organisations internationales comme l’OMCT (Organisation Mondiale Contre la Torture), des Reporters Sans Frontières et Avocats Sans Frontières.

Elle est par ailleurs consultée par des nombreux médias et journalistes d’investigation , des cabinets d’avocat , les missions et les services d’immigration des pays amis de Djibouti.

Elle est partenaire de l’ARDHD ( Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti ) , l’AFASPA ( Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique ) et de Survie tous basés en France.

Elle travaille aussi avec les Commissions et Missions internationales d’enquête.

En tant qu’observateur national, elle donne toujours ses analyses et ses recommandations sur le processus électoral et dénonce vigoureusement les fraudes et les violences pré et post-électorales qui accompagnent hélas toutes les élections qui se sont déroulées à Djibouti depuis la mise en place de la Constitution de Djibouti en septembre 1992.

Ainsi, la LDDH se veut aujourd’hui une force de proposition et de rassemblement des mouvements de citoyens et des acteurs de la société civile pour œuvrer à la protection et à la promotion des droits de l’homme en participant à toutes les initiatives démocratiques et aux débats des institutions républicaines.