Le cycle de la répression et manifestations ont repris

Le cycle de la répression et manifestations ont repris

9 octobre 2015 Communiqué de presse 0

Nous avons appris l’arrestation arbitraire d’une quarantaine des jeunes militants et cadres de l’opposition USN ce vendredi 19 septembre 2015 ainsi que 5 autres jeunes hier dans le même district de Dikhil.

Ils ont été arrêtés par des éléments du Groupe d’intervention de la Gendarmerie (GIGN) mobilisés qui mènent depuis tôt ce matin une vaste campagne d’arrestation des jeunes militants anti-4ème mandat de ce district avec violation des domiciles sans aucun mandat d’arrêt délivré par la Justice. Ils sont détenus dans des conditions inhumaines sans leur droit à la défense ni la visite de leur famille ou de leur avocat.

Cette démonstration de force marque le début de campagne de terreur contre les militants anti-4ème mandat afin d’étouffer toute contestation populaire contre le 4ème mandat inconstitutionnel avec une opposition USN plus que jamais déterminée et un mécontentement grandissant des jeunes djiboutiens.

Par ailleurs, le récent événement du samedi dernier à Wéa démontre cette campagne de terreur où les leaders de l’USN ont été agressés physiquement et empêchés de tenir leur meeting de proximité avec la population de cette localité par des jeunes policiers en tenue civil. Ce scenario nous rappelle les violences policières des militants USN menées par les forces de l’ordre habillés en civil lors du mois de mai 2014.

Selon des sources judiciaires, nous apprenons aussi que les prisonniers de Gabode seront transférés prochainement à la nouvelle prison d’Obock non inscrit dans le système carcéral du pays afin de libérer les cellules pour les nouveaux prisonniers avec la réactivation de l’appareil répressif depuis le parquet jusqu’au prison.

S’y ajoute, le 14 septembre 2015, le ministre du travail , M. Abdi Houssein a proféré sur la télévision nationale des menaces de licenciement contre les fonctionnaires djiboutiens qui n’arrêtaient pas leur critiques du gouvernement sur internet car selon lui, « on ne peut être en même temps fonctionnaire et faire la politique ». Alors que celui-ci demandait des négociations aux 2 centrales syndicales UDT-UGTD il y a quelques mois lors de la conférence internationale du BIT en juin 2015 concernant la réintégration des fonctionnaires licenciés abusivement.

Cette déclaration insensée et inacceptable d’un ministre démontre si besoin est , l’autoritarisme et l’absence d’un Etat de droit à Djibouti qui respecte les lois du pays et les droits constitutionnels et libertés fondamentales de ces citoyens à savoir la liberté d’expression et d’opinion garantis par la Constitution nationale et les conventions internationales ratifiées par Djibouti.

En regard de tous ces faits cités ci-dessus, premièrement, la LDDH dénonce et condamne fermement ces arrestations et détentions arbitraires des jeunes militants qui ont exprimé leur opinion pacifiquement.

Deuxièment, la LDDH exige la libération immédiate et sans conditions de ces jeunes militants USN et la fin de cette campagne de terreur pour que chacun puisse exprimer et manifester librement ses opinions politiques.

Enfin, la LDDH appelle au régime en place à respecter ses engagements nationaux et ses obligations internationales et demande à toutes les organisations internationales des droits de l’homme et pays amis démocratiques de condamner cette nouvelle vague de répression à l’approche de l’élection présidentielle 2016 très mouvementée.

Le Secrétaire Général de la LDDH
Said Houssein Robleh
Tél : +253 77 71 73 96
E-mail : said.houssein@lddh.net

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