Rapport Annuel 2016

Rapport Annuel 2016

30 janvier 2017 Rapports 0

INTRODUCTION :

Comme d’habitude, l’année 2016 a été parsemée des graves violations des droits humains en République de Djibouti. Dans la Capitale l’année 2016, les violations ont été systématiques ciblant la tribu YONIS MOUSSA laquelle avait été victime d’un massacre préméditée le 21 Décembre 2015 à BOULJOUQO banlieue de BALBALA.

Beaucoup des membres de cette tribu ont été emprisonnés à GABODE (une soixante de personnes ont été mis en mandat de dépôt puis une vingtaine furent condamnées de 2 à 6 mois de prison ferme). La LDDH a aussi recueilli de témoignage que plusieurs personnes appartenant à cette tribu ont été écartées de leur emploi ou systématiquement radiées de leur fonction.

Dans les régions du NORD et du SUD OUEST, les forces gouvernementales ont continué en toute impunité les violations basées  sur des simples soupçons. Des nomades sont arrêtés puis détenus dans des camps militaires où ils ont été interrogés durant plusieurs jours. Pourtant l’Armée n’a pas la vocation de détenir des civils pour les éventuels interrogatoires : cette tâche revient à la Police ou à la Gendarmerie. La loi martiale est toujours de rigueur dans les régions du NORD.

 

A TADJOURAH FEVRIER 2016

Deux jeunes nomades avaient été arrêtés par les gendarmes de la Brigade de TADJOURAH. Soumis à d’intenses tortures couplées d’une disette, HOUMED ISMAIL et MOHAMED AHMED MOUMIN sont morts à la Brigade de Gendarmerie de TADJOURAH entre le 14 et 20 Février 2016.

DROITS CIVILS et POLITIQUES :

2016 était aussi une année pendant laquelle s’est déroulée l’élection présidentielle et la LDDH a tout fait pour avoir l’agrément du Ministère de l’Intérieur et ce, afin de remplir son rôle d’organisation citoyenne d’observation des Elections mais elle s’est heurtée à un refus catégorique. Néanmoins la LDDH a déployé ses observateurs et a produit 5 notes d’information et 3 rapports relatifs à cette élection qui a mobilisé très peu des citoyens. Depuis 40 ans, un seul parti gagne toutes les élections et gouverne le pays certes avec quelques partis satellites sans aucune envergure.

Lors de la campagne électorale, il nous a été rapporté que le candidat MOHAMED MOUSSA ALI dit TOURTOUR a été menacé et ce dernier a du quitter son domicile pour s’installer dans l’hôtel KEMPINSKI. La liberté de circulation pour le candidat OMAR ELMI KHAIRE a été restreinte par des refus répètes du Ministère de l’Intérieur. Il n’a pas pu mener sa campagne dans les régions de l’Intérieur surtout au NORD.

La République de Djibouti compte entre 900 000 à un million d’habitants mais il s’est avéré que moins de 19% est inscrits sur le registre électoral et lors de cette élection moins de 20% des inscrits se sont rendus aux urnes. La politique participative des citoyens est loin d’être réelle à Djibouti.

Les associations des quartiers ont été toutes noyautées puis arrimées à l’UMP sous peine de se voir annuler les récépissés. Il en est de même pour les associations régionales.

L’état d’urgence décrète en Novembre 2015 a empêché toute manifestation pacifique. Djibouti est un conglomérat des tribus, quarante ans après l’indépendance, la répartition du gouvernement et du parlement s’élabore en fonction de l’appartenance tribale et Djibouti peine toujours à se débarrasser du tribalisme. Cette alchimie crée un déséquilibre économique social et culturel. Certaines tribus sont surreprésentées dans les hautes sphères de l’ETAT d’autres délaissés de l’chéquier politique produisant une marginalisation d’une frange importante de la population.

Le Tribalisme

Depuis quelques temps, l’usage du tribalisme prend des proportions inquiétantes et les promoteurs de cette néfaste pratique ne sont autres que les membres du gouvernement. Latent le tribalisme a toujours existé au sein de l’ETAT Djiboutien mais cette pratique devient un fléau national qui mine la cohésion nationale. Lorsqu’un Ministre atterrit dans un Département Ministérielle ses premières actions consistent à remplacer les anciens responsables par les proches membres de sa famille tribale.  Il y a certains qui le font avec un grand spectacle, d’autres d’une manière sournoise. Quand il s’agit des départements sensibles de l’Education et de la SANTE  il y a lieu de quoi s’inquiéter car ici ces 2 départements doivent être gérés par la compétence et le professionnalisme.

Et cela affecte durablement l’efficience de l’appareil étatique.

Les dirigeants du pays cherchent à plaire à la Communauté internationale mais veulent surtout continuer à faire fructifier leurs intérêts privés.

Fidèle à lui-même le régime en place à Djibouti a poursuivi sans relâche les violations des droits humains tout au long de l’année 2016.

Dans la région de TADJOURAH, la LDDH a recensé 4 exécutions extrajudiciaires (2 par torture à la Brigade de Gendarmerie de TADJOURAH et 2 chameliers par les militaires au plateau de DALHA au Nord de TADJOURAH).

Il s’agit de:

HOUMED ISMAIL

ABDO AHMED MOMIN

HOUMED KAMIL MOHAMED

ALI OUMAR MOHAMED

A OBOCK l’embargo des denrées à destination de l’arriéré pays a été accentué.

Et cela a des graves répercussions néfastes sur les populations nomades déjà fragilisées par les sécheresses répétitives. Toujours à OBOCK, il nous a été signalé qu’une coupure d’eau potable d’un quartier a été décidée mais cette mesure fut annulée après quelques temps.

En plein été les régions du Nord ont été frappées de Cholera causant ainsi plusieurs morts. L’inertie du département de la SANTE en est la cause principale. Au début de l’automne cette terrible s’est déclarée dans la CAPITALE et la LDDH a recensé plusieurs dizaines de morts.

Le Ministre de la Santé a échoué pour juguler cette épidémie.

Les 2 anciens prisonniers politiques ABDOURAHMAN MOHAMED GUELLEH dit TX et HAMOUD ABDI SOULDAN ont toujours essuyé le refus répété d’interdiction de voyage.

Doralé

Situé à 8km de la Capitale, les Doraléens ont subi à 2 reprises, la destruction systématiques de leurs demeures qui ont été détruites par les autorités portuaires en premier lieu le Directeur Général du Port qui n’est autre que le frère du Chef de l’ETAT.

Ces pauvres habitants de Doralé, outre la destruction de leurs maisons, ont été arrêtés puis détenus durant plusieurs jours à NAGAD. Spoliés sans aucune compensions, ces personnes sont condamnées à l’errance.

 

 

 

Ali Sabieh

Le jeune IDRISS ADEN DJAMA dit benbi a été arrêté puis torturé par les éléments de la Gendarmerie d’Ali Sabieh. A l’issue de sa garde à vue, le jeune IDRISS  a été déféré au PARQUET puis écroué à GABODE.  La liberté d’expression est un droit constitutionnel mais elle ne s’applique pas à Djibouti. Toute voix discordante à la pensée unique est immédiatement sanctionnée.

Le jeune ABDI ADEN CHEIK ALI a été arrêté en Juillet 2016 pour avoir publié une vidéo en ligne qui relate la pénurie d’eau de la ville ASSAJOG. Déféré au PARQUET il a été écroué à GABODE.

Cette ville souffre énormément du manque d’eau pendant tous les étés.

LAC ASSAL

Comme toujours les populations nomades de LAC ASSAL vivent dans la terreur imposée par les forces gouvernementales. Après l’attaque du poste de Gendarmerie de cette localité par les rebelles du FRUD, plusieurs nomades ont été arrêtés. Après plusieurs jours de torture, deux nomades présentant des graves traces de tortures sont déférés au PARQUET qui les place en mandat de dépôt à GABODE. HOUMED GOHAR HAMADOU avait une double fracture de son bras et MOUSSA YOUSSOUF BADOUL avait plusieurs côtes cassées.

OBOCK

Les arrestations sont opérées aussi dans la région d’OBOCK.

Sont arrêtées, torturées puis mises à GABODE les personnes suivantes :

OMAN MOHAMED BODEH

ALI HOUSSEIN ALI

KADIR MOHAMED AIDAHIS

MOHAMED ALI HAGUS

ABDOULKADER ALI HOULA

KAMIL MOHAMED BOURHAN

Et un fils de MEAD ALI. La LDDH n’a pas pu obtenir le prénom de ce dernier prisonnier.

DAMERJOG

Une Vingtaine de jeunes de la localité de DAMERJOG ont été arrêtés au début du mois de Février 2016 pour avoir réclamé du travail à la Société Chinoise qui construit le tronçon des rails du nouveau chemin de fer. Parmi eux, il y avait même des mineurs mais cela n’a pas empêché leur incarcération d’un mois à la Prison de GABODE.

RANDA

Une dizaine de jeunes de la localité de RANDA qui ont osé réclamer du travail a la société yéménite qui construit la route TADJOURAH/BALHO, ont été arrêtés au mois de Décembre 2016.

Heureusement ils ont été relâchés au PARQUET après une incarcération de plusieurs jours.

DJIBOUTI

Depuis sa nomination à la tête du département de la SANTE, le Ministre avait pris une décision scandaleuse de suspendre quelques deux cents employés allant des femmes de ménage aux médecins et ce, à compter du 1er MAI, date a laquelle il n’était pas Ministre de la Santé. Une décision rétroactive.

Sa seconde décision était de déployer des médecins cubains dans les différents centres de soin. Sans mettre en doute la compétence de ces médecins, force est de constater l’incohérence de cette décision car ces médecins Cubains ne parlent que l’Espagnol qui n’a aucun locuteur à Djibouti. Quelle aura été la raison d’être de ce déploiement. Du spectacle sans résultat. Sauf si ce n’est «  m’a-t on vu » ?

Une cinquantaine d’élèves infirmiers ont été arrêtés puis incarcères à NAGAD durant plusieurs jours pour avoir demandé une régularisation de leur situation administrative et financière ; ceci constitue un abus d’autorité caractérisé.

Donc demander un travail est devenu un délit qui doit être sanctionne !

MEDITERANEE

Une soixante des jeunes djiboutiens sont morte noyés lors d’une traversée de clandestins à partir de l’Egypte. La jeunesse djiboutienne dont l’avenir dans leur pays est totalement incertain, ne recule plus devant les affres de l’exil à tout prix.

 

 PRISONNIERS POLITIQUES

Ils sont au nombre de 12 personnes toutes incarcérées à GABODE malgré leur innocence.

MOHAMED AHME EDOU dit JABHA le plus ancien d’entre eux est détenu malgré sa mise en liberté ordonnée par la Cour Suprême qui s’alignera plus tard sur la déclaration au Premier Ministre lequel avait déclaré que MOHAMED JABHA ne sortira jamais de la Prison tant qu’il sera à la Primature.

Il ne peut y avoir de paix sans Justice, ni de développement sans paix !

DROITS SOCIAUX

Le Secrétaire Général du SEP Mr AHMED KADAR NOUR ISMAIL a son salaire toujours suspendus et ce, malgré qu’il soit en fonction dans une école assurant son service. Cela dure 6 mois.

Le Secrétaire à la Communication du SEP Mr MOHAMED ABDILLAHI ALI a son salaire suspendu depuis une année parce qu’il a soutenu un candidat de l’opposition lors de l’élection présidentielle du 08 Avril 2016.

Tout syndicaliste osant réclamer les droits des travailleurs est stigmatisé et fait l’objet des mesures d’harcèlement de la part de l’Administration et dans le Privé les syndicats et les syndicalistes n’ont pas la raison d’exister. Et cela est encouragé par le Pouvoir en place à Djibouti.

Cela fait depuis plus de deux décennies que le syndicalisme libre a été combattu puis enterré par les Pouvoirs Publics de Djibouti. L’on se souvient qu’un simple dépôt de préavis de grève par les syndicalistes de Port avait conduit ces auteurs à la Prison de GABODE.

Les entreprises chinoises, yéménites, éthiopiennes et parfois françaises notamment les ETS MARILL, pratiquent une méthode de travail qui avoisine l’esclavage. Horaires de travail extrêmement élèves 12 à 16 heures par jours pour un salaire insignifiant. Parfois ces employés touchent moins que le SMIG officiel pour un travail harassant.

La LDDH en a relevé que ces sociétés étrangères employaient des personnels expatriées même quand les djiboutiens avaient la compétence requise. Même les femmes de ménage du Port en construction à Doralé sont des Ethiopiennes ramenées par la Société Chinoise à partir d’Addis ABEBA. Selon nos informations, les travailleurs djiboutiens des sociétés Chinoises ne sont pas assurés auprès de la CNSS et ces sociétés sont exonérées de tout paiement au titre de la fiscalité.

La proximité de ces entreprises avec ce régime en place à Djibouti leur procure une totale liberté d’exploiter à outrance ces djiboutiens qui sont contraints d’accepter cet état de fait de crainte de se voir projetés en chômage.

Le Port de Djibouti refuse depuis 15 ans de reconnaître les droits à 22 employés de l’ancien BDMO qui gérait la Cité Arhiba. Certaines de ces personnes sont mortes dans la détresse car le Port de Djibouti leur a refusé tout droit malgré les multiples décisions de la Justice qui a condamné le Port à payer les droits à ces travailleurs ou à leurs ayant droits. Mais rien à faire la décision de Justice ne s’applique pas à Djibouti, quand la décision déplait aux hautes Sphères du régime.

 

DROITS ECONOMIQUES

Les droits économiques des Djiboutiens sont aussi bafoués que les droits politiques et civils par le régime en place à Djibouti. Une nouvelle catégorie des djiboutiens est apparue : Travailleurs mais pauvres. Car les salaires n’ont pas suivi la hausse des prix des denrées de première nécessité. Les retenues sur salaire des fonctionnaires et agents de l’ETAT sont monnaie courante à Djibouti et les banques de la place participent à cette paupérisation des citoyens djiboutiens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LDDH

Nos relations avec les chancelleries des pays démocratiques ont été courtoises mais sans déboucher sur une coopération fructueuse.

Ainsi le projet initié et présenté par la LDDH à la délégation de l’UNION EUROPEENNE a été poliment rejeté par cette dernière. Dans un premier temps la délégation Européenne avait accueilli favorablement notre projet. Cependant nous croyons que notre projet aurait eu un impact positif pour les citoyens djiboutiens.

Au début du mois de Juin 2016 le Président de la LDDH a entamé une série des rencontres en EUROPE. D’abord il a été accueilli par le Président de l’ARDHD à PARIS puis il a rencontré le Bureau INTERNATIONAL de la FIDH. Toujours accompagné par le Président de l’ARDHD il s’est rendu à BRUXELLES où il a eu des rencontres avec l’UNION EUROPEENNE, l’International de l’Education et l’AMNESTY INTERNATIONAL et enfin Protect Defender de l’Union Européenne.

Le 2 et 3 Juillet 2016 le Président a participé à NAIROBI au lancement des organisations de la Société de l’Afrique de l’Est baptisée H.O.A./Civil Society Forum Le 15 et 16 Septembre 2016, le Président de la LDDH a participé au deuxième Forum des observateurs citoyens organisé par l’Union Européenne à BRUXELLES. . Enfin le Président de la LDDH a pris part au sommet de la Francophonie Syndicale qui s’est tenue à ANTANANARIVO (MADAGASCAR) le 15 et 16 Novembre 2016.

Le 2e Vice-Président a participé du 8 au 10 Septembre 2016, aux travaux de H.O.A/C.S.F à NAIROBI.

Toujours le 2e Vice-Président a participé aux travaux de l’Automne de la Commission Africaine de droits de l’homme et des Peuples à BANJUL du 21 au 29 Octobre.

Un rapport détaillé sur la corruption produit par le 2e Vice-Président sera publié ultérieurement.

Fait à Djibouti le 30 Janvier 2017

About the author

Ali Omar Ewado:

0 Commentaire

Aimeriez-vous partager donner votre avis?

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs requis sont indiqués *

Laisser un commentaire